Aide à l’insertion

Paroles de migrants, Mamadou

Mamadou

Mamadou, à quinze ans, va voir sa vie prendre brutalement une direction imprévue sans qu’il en soit vraiment préparé. Son père, agriculteur dans la région de Kayes, dans l’ouest du Mali, va tomber malade et connaitre des difficultés pour subvenir aux besoins de sa famille. Un cousin, exerçant son métier de commerçant entre le Mali et la Mauritanie, propose alors au jeune Mamadou de l’aider à entreprendre le voyage vers l’Europe, le seul espoir de beaucoup de jeunes lorsque la vie devient trop difficile au pays.
Le voyage commence donc par la Mauritanie, au nord de Kayes, là où son cousin le confie à un « contact » qui lui fait traverser le pays en bus, toujours vers le nord et, deux jours après, lui fait franchir la frontière du Maroc, clandestinement, en traversant à pied une forêt, se souvient Mamadou.

La traversée du Maroc, à pied ou en bus, le conduit ensuite à Nador, tout au nord du Maroc, sur les bords de la Méditerranée, une ville voisine de l’enclave espagnole de Melilla.
Là, après 3 semaines d’attente dans une forêt, un zodiac embarque les candidats au départ pour les mener juste en face, à quand même quelque 150 km à vol d’oiseau, sur la côte espagnole.
La traversée se terminera sur le bateau de garde-côtes espagnols, dans les eaux territoriales espagnoles, qui conduisent les jeunes à Malaga, où ils subissent un premier interrogatoire. Un premier tri qui va faire comprendre à Mamadou qu’il est devenu un MNA, un mineur non accompagné.
Il va rester 2 mois à Malaga, dans un camp pour mineurs, un séjour dont il garde un plutôt bon souvenir, bien logé, bien nourri, avec seulement un ennui pénible, dans une inactivité totale, à part taper de temps en temps sur un ballon. Mamadou peut quand même se faire de nouveaux copains, dont l’un lui procure pour la première fois une sorte de but : aller en Allemagne, où son nouveau copain a un ami et où, parait-il, il est très facile de trouver un travail bien rémunéré.
Avec deux de ses nouveaux amis, il décide donc de quitter clandestinement le camp et grimpe dans le premier train partant vers le nord, vers l’Allemagne. Sans papiers, sans argent, ne parlant aucune autre langue que le Soninké, Mamadou et ses copains se retrouvent à la frontière française, à Bayonne, où ils sont confiés à la Croix-Rouge.
Déjà aguerris, les trois amis repartent discrètement au bout de trois jours, remontent dans un train sans connaitre vraiment sa destination et, cachés la plupart du temps dans les toilettes, arrivent enfin à Paris où, totalement affamés, ils doivent descendre du train pour tenter de trouver un peu de nourriture. Une vieille dame charitable va heureusement les nourrir et les conduire à la Croix-Rouge qui va rapidement les prendre en charge et les loger dans un hôtel.
Le voyage fut sans doute plus dur et angoissant que ce que raconte Mamadou mais, par pudeur, il préfère certainement en livrer un récit édulcoré, sans doute pour ne pas donner l’impression de se plaindre, une sorte de remerciement envers les inconnus qui l’ont aidé au cours des dernières semaines.
Mamadou semble s’être laissé porter par le hasard, sans savoir vraiment ce qu’il attendait, ni surtout ce qui l’attendait, en quittant le Mali. Dans son cas, le hasard semble avoir été favorable.
Il se retrouve finalement dirigé par la Croix Rouge vers un foyer de la porte d’Orléans. Et c’est là seulement qu’il va s’autoriser une « faiblesse » et se mettre un jour à pleurer. Il peut enfin se confier à un psychologue de la Croix Rouge : le Mali lui manque, sa famille lui manque, il n’a pas pu parler à sa mère depuis des mois. De toute façon, il n’y a pas de téléphone chez ses parents, il n’a aucun numéro, aucun contact… Mais il veut parler à sa mère… Et la solidarité s’organise alors, un groupe de jeunes maliens du foyer vont le soutenir, l’interroger, trouver un contact avec des voisins de sa famille, sa mère est prévenue et ils peuvent enfin se parler…ce qui pourrait être un conte de fée continue.
Mamadou est enfin placé dans une famille d’accueil, retrouve une scolarité normale, trouve un avenir possible après un stage de couvreur zingueur qui lui fait rencontrer un patron bienveillant qui l’oriente vers une école des Compagnons du Devoir où il va préparer un CAP en alternant semaines de formation et travail rémunéré.
Mamadou a maintenant un vrai projet : son CAP obtenu, il préparera un bac pro en couverture zinguerie qu’il obtiendra, il en est sûr, après deux ans d’études.
Devenu majeur, il lui faut aussi penser à son statut, à ses papiers, et, toujours proche de sa famille d’accueil, toujours aidé par une conseillère de l’ASE, l’Aide Sociale à l’Enfance, trouver enfin une place dans un FJT, Foyer pour Jeunes Travailleurs, pour devenir véritablement indépendant, et pourquoi pas s’offrir un voyage au Mali, à Kayes, pour enfin embrasser sa mère.

Avril 2022

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Paroles de migrants, Maryam

Maryam


Maryam est née en 2003 dans une famille chrétienne aisée de Mossoul. Son enfance de petite fille heureuse sera de courte durée. En 2007, pour fuir la terreur de l’avancée des djihadistes, toute la famille, la mère, le père, l’oncle, et les 5 enfants se réfugient à Qaraquosh, la plus importante ville chrétienne d’Irak. Mais le refuge n’est que temporaire. En 2014, la terreur s’invite dans la famille : ses parents doivent payer une rançon pour retrouver leur plus jeune fils, âgé de 5 ans, kidnappé par une bande armée de Daech. Il sera heureusement libéré dès le lendemain.
C’est cette même année que les djihadistes de « l’état Islamique » s’emparent de Mossoul et dictent leur loi dans la région, persécutant en particulier les chrétiens. La famille doit alors reprendre sa route vers Erbil, une des plus vieilles villes de l’histoire du monde, habitée sans interruption depuis au moins 4000 ans, une ville plus sécurisée par la proximité d’une grande base américaine. Maryam a 11 ans.
L’ainé des enfants, un des trois frères de Maryam, décide alors de tenter sa chance et, avec quelques amis, part en voiture vers la frontière turque, passe en Grèce avant de terminer son voyage à pied pour franchir clandestinement, quelques semaines plus tard, la frontière française.
La famille restera 6 mois sans recevoir de nouvelles puis apprend enfin que ce grand frère a pu obtenir un statut de réfugié en France et a débuté le long travail d’intégration de tous les exilés. Encore sans papiers, pensant à sa famille, il a commencé des démarches pour un regroupement familial et pourra ainsi, en 2018, accueillir à la descente de l’avion ses parents, son second frère et sa soeur Maryam, 15 ans. Son autre soeur, son petit frère et son oncle ont pour leur part préféré rester en Irak.
Si l’accueil réservé en France est assez généreux pour les réfugiés irakiens chrétiens après la bataille pour la reprise de Mossoul, l’intégration ne sera pas plus facile pour autant.
Maryam se retrouve au collège La Fontaine, à Bourg la Reine, dans une classe pour étrangers, en compagnie de Portugais, d’Espagnols, et de nombreux Africains de différents pays, aucun ne parlant français. Si son parcours scolaire est satisfaisant, CAP « commerce » à Meudon, puis Bac Pro « accueil » au lycée d’Asnières sur Seine, son intégration est plus difficile. L’apprentissage du français lui demande d’énormes efforts, et, sans parler de harcèlement, les contacts avec les autres élèves sont difficiles, elle ne se sent pas vraiment acceptée.
L’association Habitat et Humanisme a logé sa famille dans un grand appartement de Bourg-la-Reine, partagé avec 3 autres familles de migrants, une famille syrienne et deux familles africaines. L’appartement ne possède qu’une seule cuisine et, malgré la bonne volonté de tous, la cohabitation est naturellement pénible, en particulier à partir de la période de confinement liée au covid.
La famille habite maintenant à Chatou, dans des conditions bien meilleures, mais Maryam sait bien qu’il ne s’agit que d’une étape supplémentaire.
Son grand frère a obtenu enfin la nationalité française et a consacré ses premières vacances de citoyen français à un voyage en Irak, à Erbil, pour rendre visite à son petit frère et à la famille de sa soeur, qui étaient restés en Irak lors de l’exil de 2018. L’oncle, l’aîné de la famille, était malheureusement décédé.
Pour Maryam, qui a aujourd’hui 19 ans, un tel voyage en Irak est encore impossible. Paradoxalement, son espoir secret est d’acquérir la nationalité française pour pouvoir, en toute sécurité, retourner enfin en Irak, son pays, le pays de ses ancêtres.
Elle a entendu dire que la plupart des églises détruites pendant la période de la terreur djihadiste ont été reconstruites. La vie reprend là-bas, et son seul et plus grand rêve est de retourner dans son pays pour, qui sait, y fonder sa propre famille.

Mars 2022

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Paroles de migrants, Malia

Malia

En 2017, quand elle descend de l’avion l’amenant en France, Malia pense certainement que la vie va enfin lui sourire. Elle laisse derrière elle, au Mali, une jeunesse malmenée, piétinée, gâchée.

En 2005, elle a 16 ans et, sur ordre de ses oncles, sans qu’elle ait un mot à dire et sans que son père ou sa mère puisse s’y opposer, elle se retrouve, au village, mariée de force avec un homme de sa grande « famille », avec le rang de troisième épouse, c’est ce qu’on appelle un « mariage traditionnel ». La première épouse a déjà deux enfants plus âgés qu’elle et, le frère de son mari étant mort, sa veuve est devenue automatiquement deuxième épouse, c’est encore la tradition. La troisième épouse, Malia, devient alors tout aussi naturellement la souffre-douleur de la famille. En 2008, son mari lui fait un enfant, juste un an avant sa mort.

Devenue « veuve » à 20 ans, Malia retourne alors chez ses parents, avec son enfant. Dès son retour, pressions et violences reprennent, alors qu’une maladie encore non diagnostiquée l’affecte douloureusement. Son père veut la marier de nouveau, cette fois avec son frère ainé, âgé de 55 ans. Ses deux sœurs aînées et même sa plus jeune sœur ont déjà été mariées avec des hommes de sa famille paternelle mais Malia trouve la force de refuser, ne voulant pas revivre les souffrances de son premier mariage. Les relations avec son père s’enveniment rapidement, les violences deviennent quotidiennes. Sa mère, heureusement, la soutient discrètement et finit même par lui procurer de l’argent pour qu’elle puisse enfin partir en France, pour officiellement se faire soigner, mais aussi dans l’espoir de sortir enfin du cercle infernal de la tradition et des violences conjugales, le lot commun pour bon nombre des femmes maliennes.

Il lui faudra attendre 2017 pour que, invitée par des amis déjà installés en France, aidée financièrement par sa mère, elle puisse enfin prendre un avion pour la France. Elle voyage seule, laissant son enfant à la garde de ses parents. Malia ne sait ni lire ni écrire, parle à peine quelques mots de français et, ne voulant déranger personne, excessivement discrète, elle ne s’installe pas chez ses amis et se contente de regagner tous les soirs l’abri provisoire que lui indique le 115.

Après un rendez-vous à l’hôpital, sa maladie trouve enfin un nom : Hépatite B, une maladie qui ne peut être soignée qu’avec un médicament non accessible au Mali. Elle reste donc en France, et n’ose solliciter ni appui, ni conseil pour régulariser sa situation. Trop timide et pudique, Malia pense que le fait d’être soignée à l’hôpital et d’être prise en charge par la CMU suffit pour avoir le droit de rester en France. Elle se contente donc de renouveler chaque année son fragile titre de séjour mais ne pense pas avoir à faire d’autres démarches, ni même à se renseigner auprès de services sociaux, alors qu’une demande d’asile suite aux violences subies au Mali, suite à l’impossibilité de se soigner au Mali, lui aurait peut-être été accordée et même la possibilité de faire venir son enfant.

Malia arrive a trouver un logement plus pérenne dans un CHRS, réussit à trouver un travail d’insertion dans le domaine des espaces verts,  mais personne ne lui explique que le titre de séjour n’a qu’un temps et, fatalement, elle reçoit un jour l’avis de rejet de la demande de prorogation de son titre de séjour et le redouté OQTF, « l’Ordre de Quitter le Territoire Français », un document rédigé en termes plus ou moins juridiques volontairement agressifs, ordonnant un départ dans les trente jours, après confiscation immédiate du passeport et obligation de visite hebdomadaire à la préfecture pour vérification de l’avancement de ses démarches pour repartir. Généreusement, soufflant le chaud et le froid, l’administration propose quand même une aide pour faciliter cette simple expulsion, le règlement de ses frais de retours et même un petit pécule…

Quelles alternatives se présente alors ? l’OQTF évoque un départ « volontaire » dans un autre pays, à condition d’envoyer tous documents prouvant ce départ, ou encore, pour les plus aisés, le recours à un avocat pour entreprendre un périlleux duel avec l’administration, ou enfin, alternative choisie par beaucoup, reste la possibilité de simplement disparaître en restant en France ou dans un autre pays de l’espace Shengen, en changeant de nom, une clandestinité rarement couronnée de succès.

Pour Malia, c’est la déroute, l’incompréhension. Elle qui a toujours été honnête en France, « j’ai toujours payé mon ticket de métro dira-t-elle », elle ne comprend pas ce qui lui arrive. La perspective de retourner au pays lui est insupportable, retrouver son village où elle sait que les palabres des hommes vont tous les jours l’inciter à se remarier avec un des frères de son mari n’est pas envisageable. Elle tentera le recours en faisant appel à un avocat … une longue procédure pendant laquelle elle n’ose plus sortir, terrorisée.

Février 2022

 

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Un atelier « Codes pour les entretiens d’embauche » pour les jeunes de la Vie au Grand Air, Mai 2022

Quand les bénévoles du groupe Ariane se mettent en scène …

Lors des entretiens d’embauche ou au cours de leur débuts dans le monde professionnel, les bénéficiaires de nos actions de coaching rencontrent parfois des difficultés en raison d’une certaine méconnaissance des codes et usages dans les relations de travail. Ce point est bien sûr abordé lors des séances individuelles avec les bénéficiaires, mais après discussion avec certaines de nos institutions partenaires, il est apparu qu’une formation collective serait utile. 

Cela a été l’occasion pour le groupe Ariane de mener une réflexion plus approfondie sur les codes du monde professionnel les plus importants pour nos bénéficiaires, et sur la meilleure manière de leur en faire prendre conscience.  En savoir plus…

Soutien scolaire : un accompagnement individualisé, 2021-2022

Tableau d’honneur

Tous les jeunes accompagnés par ADS passent au niveau supérieur, et pour ceux qui avaient un examen, 12 jeunes ont réussi sur les 14 qui ont été accompagnés dans leur scolarité :
– 4 CAP, 4 Bac Pro dont 1 avec mention Bien

– 2 brevets, dont 1 avec mention AB

Tous ces jeunes sont ravis, et sont en route vers leur projet professionnel : Daba a déjà son alternance acquise pour un nouveau CAP boulangerie, Moussa couvreur chez les Compagnons du devoir va poursuivre en BEP, Assia va s’engager dans un BEP Coiffure, Deborah et Natacha vont s’inscrire en BTS, Amel va entrer en formation « éducatrice spécialisée » le rêve qu’elle revendique comme « un droit à l’épanouissement », …
Citons aussi :
– Un diplôme d’assistante de vie aux familles obtenu par VAE
– Une validation des écrits et mémoire pour le diplôme d’infirmière.

Nous regrettons les deux échecs au BAC, et avons demandé aux structures partenaires de nous adresser les jeunes en position de passer un examen dès le début de l’année … sans attendre le mois de juin …
Si certains tardent à se faire accompagner, d’autres ont bénéficié d’un accompagnement sur plusieurs années.
C’est le cas de Djenabou du Foyer Jeunes Travailleurs.

Les bénévoles sont aussi très heureux de la réussite des jeunes comme en témoignent ces quelques mots :

« J’ai amené Aïcha au château de Versailles, nous y avons passé la journée ! Elle était épuisée mais contente. J’ai été vraiment heureuse d’apprendre qu’elle a eu les félicitations, avec une moyenne de 14 », Sylvie

« Natacha a obtenu son bac Pro Systèmes numériques. Je pense que le soutien (maths et anglais) lui a bien convenu car lors du bilan que j’ai pu faire avec elle et son éducatrice, elle a émis le souhait de bénéficier de ce soutien pour son BTS. », Marielle

« J’ai eu des nouvelles d’Assia, elle a réussi son CAP, maintenant elle va faire un BEP. Elle est super contente. On a bien travaillé au cours de cette année, je l’ai vue progresser. », Patrick

« C’est un vrai plaisir d’aider Hadiyetou, je vais poursuivre l’an prochain, il m’apprend aussi beaucoup. L’apport est réciproque », Marie

« Daba est très content. Il a obtenu son CAP, il est inscrit en CAP boulangerie pour la rentrée (stage à BLR, rue Roeckel). Je continue à le voir et je continuerai en septembre. », Jean-Yves

Des bénévoles sont déjà « réservés » par leurs élèves comme Moussa, bien timide, mais qui a établi une belle relation de confiance avec Anne-Marie depuis deux ans.

Vous voulez rejoindre l’aventure des bénévoles ?
D’autres jeunes nous seront adressés à la rentrée, tentez l’expérience d’un soutien scolaire individualisé, mission sur mesure en fonction de vos compétences, vos envies et votre temps ! N’hésitez pas, contactez-nous !

3,5 ans de soutien par ADS, Irma témoigne, Janvier 2019 – Juillet 2022

Le soutien par ADS c’est … être là, simplement, et redonner confiance.

Certains changements de vie sont un peu brutaux. Irma peut en témoigner.

Vivant en Centrafrique, employée par un centre missionnaire américain, Irma vit une existence paisible avec ses enfants quand elle est invitée en France pour le mariage de sa sœur. Il s’agit pour elle d’une occasion de vacances et c’est même son employeur qui lui offre le voyage…

Hélas, son avion ne s’est pas encore posé à Paris, en 2012, qu’un coup d’état, un de plus, balaye le président centrafricain François Bozizé. Plus qu’un simple coup d’état, c’est en fait une véritable guerre civile qui débute, les missionnaires américains préfèrent plier bagages, conseillant à Irma de ne pas rentrer immédiatement, et quittent le pays après avoir quand même mis ses enfants en sécurité au Cameroun.

En trois jours, comme dans un cauchemar, Irma, salariée en Centrafrique est devenue une réfugiée en France, bénéficiant grâce à l’OFII, Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, d’une carte de séjour provisoire.

Le provisoire va durer. Irma, recueillie par sa cousine, enchaîne alors petits boulots, formations  diverses et fait régulièrement renouveler sa carte de séjour.

En 2017, victime d’une pathologie chronique elle se retrouve à l’hôpital Foch, puis dans un centre de rééducation pour retrouver sa mobilité avant qu’une assistante sociale lui trouve une place au CHRS Auxilia, le Centre d’hébergement et de réinsertion sociale de Bourg la Reine, partenaire d’ADS.

Les malheurs d’Irma ne sont pas terminés. Au cours de l’hiver, elle fait une mauvaise chute sur une plaque de glace, se blesse au genou et fait son retour à l’hôpital. De cette époque, Irma se souvient surtout d’une fatigue continuelle, elle est revenue boitillant à Auxilia, enchaîne quelques missions de ménage chez des particuliers et compense ses malheurs par une boulimie qui, naturellement, accroit son poids, et sa fatigue.

C’est à ce moment qu’elle entend parler d’ADS, qui gère déjà quelques activités dans ce centre : yoga, dessin, sophrologie. En savoir plus…

Café-débat : Pauvreté et mal logement, 15 juin 2022

Pauvreté et mal logement (partie 2)

L’auditoire était peut-être clairsemé mais très attentif à l’énorme travail de documentation réalisé par Olivier Gueudre et Pierre Maréchal de l’Observatoire de la Précarité et du Mal Logement sur le délicat problème de la pauvreté et du mal logement, seconde partie du débat amorcé à la fin de l’année dernière.

Il ne s’agissait naturellement pas d’apporter une solution miracle à ce problème, mais avant tout de comprendre les liens possible entre pauvreté et mal logement. Les multiples tableaux commentés avec clarté par Olivier Gueudré, ont au moins souligné la difficulté qu’il y a à « objectiver la pauvreté en France », thème de la première partie de ce débat.

En savoir plus…

3 ans de soutien par ADS, Asta témoigne, Janvier 2019 – Octobre 2021

Bien plus qu’un soutien….

Je me suis décidée à fuir mon pays en 2016. La Centrafrique était plongée depuis déjà des années dans une guerre civile entre bandes armées. Aucun avenir n’était envisageable. J’ai laissé provisoirement mes enfants à la garde de mes parents et je suis partie seule pour la France, sans projet véritable, juste dans l’espoir de trouver un avenir possible et de créer les conditions pour que mes enfants me rejoignent rapidement. Je suis arrivée à Paris le 7 août 2016, accueillie par mon beau-frère. J’avais heureusement des contacts auprès d’amis dans la région parisienne et pendant la première année, j’ai dû vivre chez les uns et les autres, pour quelques jours ou quelques semaines.

Ma principale préoccupation, en dehors du logement, fut déjà de régulariser mon statut de migrante, ce qui n’est pas simple sans adresse fixe ni travail. Ce n’est qu’au bout d’un an de démarches incessantes que j’ai réussi à obtenir une autorisation de séjour de 10 ans. Cette régularisation marqua le début de mon insertion. J’ai pu enfin m’inscrire à Pôle Emploi en espérant trouver rapidement un travail auprès de bébés ou de jeunes enfants, ce que je faisais déjà en Centrafrique. En France, c’était déjà plus compliqué. Pôle emploi m’a vite fait comprendre que, sans diplôme, sans qualification, sans expérience reconnue, et surtout sans maîtriser parfaitement le français, je n’avais pas beaucoup de chances de trouver un emploi rapidement. J’ai donc commencé à Asnières, grâce à Pôle Emploi, une remise à niveau en français, tout en faisant des ménages et en m’occupant de personnes âgées. C’est à cette époque que le CCAS m’a proposé un hébergement à Bourg La Reine, au CHRS Auxilia, et c’est là que j’ai eu un premier contact avec l’association ADS.

Je trouvais enfin des gens qui allaient m’ouvrir plusieurs portes, non seulement pour m’apporter un soutien continu dans ma recherche d’emploi, pour me conseiller, mais aussi pour me faire découvrir des tas d’activités qui m’ont donné une nouvelle confiance en moi. Grâce à des cours de français et la rédaction d’un CV avec Michel Giraud, l’association m’a permis de signer un contrat de professionnalisation avec l’agence Babychou pour travailler comme auxiliaire parentale, puis m’a poussée à préparer un CAP, Certificat d’Aptitude Professionnelle pour la petite enfance. Durant cette formation, Michel Pays m’a beaucoup aidée pour préparer le CAP que je menais en alternance avec un travail comme auxiliaire parentale.

En juillet 2020, quatre ans après mon arrivée en France, je passais avec succès mon CAP petite enfance, un premier diplôme que je n’ai malheureusement pas pu fêter avec mes amis comme il se doit, c’était le début du premier confinement. Je devais faire des stages de qualification et le soutien d’ADS s’est poursuivi, et s’est concrétisé pour cette rentrée de septembre 2021 par un emploi à la crèche municipale de Chatenay-Malabry après une période d’essai d’un mois suivie d’un CDD de 6 mois. Je suis donc maintenant officiellement agent technique auxiliaire auprès de bébés de 6 à 11 mois. Je m’occupe, avec une collègue référente, de l’accueil des parents, des jeux avec les bébés, des repas, de la sieste … Tout se passe bien ! et en plus, je viens de quitter Auxilia pour un logement autonome … enfin chez moi !

Je dois ajouter que l’association ADS m’a apporté bien plus qu’un simple soutien pour ce parcours professionnel. En suivant de nouvelles activités, c’est aussi une nouvelle vie que j’ai pu découvrir en suivant avec passion la plupart des activités proposées par les bénévoles d’ADS, des activités que je n’avais jamais envisagées, dont j’ignorais souvent tout. J’ai pu faire ainsi de la peinture, de la couture, fabriquer des bracelets, faire du Yoga, de la sophrologie, une activité que je pratique encore. J’avais une véritable boulimie d’activités…J’ai même participé à la construction d’un poulailler malgré le peu de sympathie que m’inspirent les poules.

Aujourd’hui  je peux dire que j’ai trouvé auprès des responsables et des bénévoles d’ADS une véritable famille. Je n’oublie pas pour autant ma vraie famille et mes enfants. Mon plus grand espoir, mon prochain but, c’est de réunir les conditions pour recevoir au plus vite mes enfants restés en Afrique, dès que j’aurai trouvé un logement plus grand que celui que j’occupe actuellement à Meudon.

Je voudrais envoyer un petit message à ma nouvelle famille, aux bénévoles d’ADS mais aussi aux personnes aidées par ADS : surtout, ne vous découragez jamais. J’ai pu constater que certaines personnes bénéficiant du soutien de l’association considèrent ce soutien comme un dû et ne font pas toujours d’effort pour faciliter le travail des bénévoles, en arrivant en retard, en ne respectant pas toujours les rendez-vous, ce qui entraîne parfois un sentiment de découragement pour le bénévole. Il n’est pas toujours facile d’avouer le besoin d’un soutien tout comme il n’est pas toujours facile d’apporter ce soutien. Des deux côtés, cela demande du courage.

Je pense ne m’être jamais découragée, n’avoir jamais douté. J’envisage d’ailleurs de proposer à Wei Ying de devenir bénévole à mon tour, pour initier à la cuisine africaine … Voilà, le message est lancé.

Les permanences de l’ADS

Besoin d’aide pour vos démarches ? vos papiers administratifs ? une lettre ?

ADS vous reçoit sur RDV et sur deux lieux :
-à l’Espace Dolto.
114 Avenue du Général Leclerc, Bourg-la-Reine,
Tous les mardis matin ou les premiers, troisième et cinquième samedi de chaque mois.
Pour prendre RDV tel 06 11 91 04 99 ou par mail ads.blr92340@gmail.com

-Au Centre Social et Culturel des Blagis –
Permanence « aide aux démarches -écrivain public »
2 rue du Dr Roux, Sceaux
Prendre RDV à l’accueil du CSCB, tel 0141870610

Stage d’engagement citoyen à l’ADS : Juin-Juillet 2021

Témoignage de mon stage d’engagement citoyen

Etudiante en école d’ingénieurs à l’EPF Troyes, j’ai effectué durant six semaines, pendant les mois de juin et juillet, un stage Engagement Citoyen au sein de l’ADS. Le programme de ce stage était d’assurer d’une part une mission de soutien auprès d’enfants et d’adolescents comme une bénévole lambda de l’Association, et d’autre part  de réaliser une enquête téléphonique auprès des adhérents de l’association avec une synthèse de toutes les réponses. Les actions de soutien que j’ai effectuées étaient principalement avec des enfants-ados car c’était le public avec qui j’étais le plus à l’aise.

Tout d’abord, je suis beaucoup allée au HUDA (Aurore) pour faire des ateliers avec les enfants qui y vivent. Nous nous installions dans une grande salle d’activités très lumineuse et agréable où nous faisions principalement des jeux de société et de la lecture. Il nous est arrivé aussi de préparer des projets plus ambitieux comme lors du 14 juillet où tous les enfants étaient déguisés avec des dons récupérés. Lorsque les enfants avaient encore école, Clarisse et moi faisions aussi de l’aide aux devoirs. J’ai adoré aller au HUDA, les enfants sont très gentils et je sens qu’ils sont vraiment contents quand il y a des bénévoles. En savoir plus…

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