Égalité des chances

Forum des Droits de l’Homme : la journée du 10 décembre 2022

La journée du 10 décembre à Bourg la Reine : point d’orgue du Forum des Droits de l’Homme

Discriminations, paroles de jeunes travailleurs

Et le droit à l’épanouissement ?

Une douzaine de résidents du Foyer des Jeunes Travailleurs de Bourg-la-Reine, autant de filles que de garçons, ont accepté l’invitation de l’ADS à venir débattre des droits de l’homme et des discriminations dans la perspective du forum des droits qui se tiendra en fin d’année. Ce débat a répondu à notre attente, plein de passion, de virulence et de spontanéité.

Loin des généreuses déclarations philosophiques ou morales qui ont présidé à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, reprises par la déclaration universelle des droits de l’homme signée en 1948 par tous les états membres de l’ONU, les jeunes résidents du Foyer des Jeunes Travailleurs,  plus pragmatiques, invités à citer les droits de l’homme essentiels, ont immédiatement dressé la liste de préoccupations plus contemporaines, les droits « sociaux et économiques » que sont le logement, le travail, l’éducation, la santé, la  justice ou la sécurité… L’application de ces droits est accompagnée, pour la plupart des jeunes présents, d’un soupçon de discrimination diffus. Pour ces jeunes, il ne s’agit pas seulement de garantir ces droits : avant même de les faire appliquer, il s’agit surtout de pouvoir y accéder et accéder aux soins, à la justice, à l’éducation, à la formation, au logement, et même à la sécurité n’est pas évident pour tous. En savoir plus…

Discriminations et racisme, Arthur

Entretien avec Arthur, 27 ans

Le racisme, c’est quelque chose de poisseux, qu’on croit parfois avoir chassé, mais qui revient toujours insidieusement, au détour d’une phrase, d’un regard.

Ce sont ces petites phrases, ces regards lourds qui ne méritent que des haussements d’épaule, surtout quand on pratique le basket-ball de haut niveau et qu’on domine d’une tête la plupart de ses contemporains. Ce sont ces regards, ces remarques assassines qui ont, depuis longtemps, empoisonné la vie d’Arthur.

Né à Clamart, adopté à l’âge de 3 mois, avec une enfance heureuse auprès de parents aimants et protecteurs, Arthur date la prise de conscience de sa différence vers l’âge de 10 ans, quand des amis lui caressent la tête d’un geste qui se voudrait sans doute affectueux mais qui blesse profondément, et pour toujours, le jeune enfant.

Eh oui, il a des cheveux différents, des cheveux crépus, et alors ? Est-ce que ça donne le droit de lui caresser la tête comme on le ferait d’un jeune chien ?  En savoir plus…

Paroles de migrants, Hadiyetou

Hadiyetou

Un soir, son oncle maternel lui annonce : « Prépare-toi, tu pars demain en Europe, ce n’est pas ici que tu vas trouver un avenir ».

Hadiyetou a 14 ans, il ne pense pas un instant à contester la décision familiale, son oncle a payé le voyage d’avance et il se retrouve dès le lendemain dans un bus, quittant la Mauritanie, le pays de son enfance, pour rejoindre le Mali, son pays de naissance. De là, jeté avec d’autres jeunes dans un pick-up Toyota, va commencer un périple infernal pour traverser le Mali, l’Algérie, et la Lybie, où il va retrouver son frère, de deux ans son aîné qui, lui aussi, malgré des problèmes de santé, a pris la route de l’Europe.

Hadiyetou est parti sans bagages, sans argent, avec pour tout papier une photocopie de son acte de naissance. Son passeport a été confisqué par les passeurs.

De ce voyage, Hadiyetou se souviendra surtout d’une constante violence, entassé avec d’autres jeunes dans la benne du pick-up, si serrés les uns contre les autres qu’ils ne peuvent pas retrouver l’usage de leurs jambes avant de longues minutes quand ils descendent. Le pick-up est arrêté fréquemment par des barrages de groupes armés non identifiables qui leurs font réciter des sourates du Coran pour s’assurer qu’ils sont bien musulmans. Heureusement, Hadiyetou avait suivi une formation dans une école coranique. Malheur aux jeunes qui ne connaissent pas le Coran. Hadiyetou se souvient d’un jeune garçon, sans doute chrétien, qui est mis à l’écart, ne pouvant répondre aux questions des passeurs. Hadiyetou ne le reverra pas.
Ils arrivent enfin, quelques semaines plus tard, sur une plage libyenne. Leur groupe compte maintenant quelque 500 personnes, pour la plupart de jeunes mineurs. C’est la première fois que Hadiyetou voit la mer, mais il ne s’agit pas de vacances. Les jeunes vont rester 3 jours sur la plage pour une petite cure d’amaigrissement, sans eau ni nourriture, pour ne pas surcharger le bateau, avant d’embarquer dans une nuit noire, sur une grosse barque. Ils vont devoir s’allonger sur le côté, collés les uns aux autres, alignés comme on peut le voir sur les gravures des navires de la traite des esclaves au XVIIIe siècle : 250 dans la cale, 250 sur le pont supérieur.
Le voyage va durer 2 jours et demi, toujours sans possibilité de boire, avec juste quelques biscuits secs pour tenir le coup.
Le troisième jour, à l’approche de l’île de Lampedusa, un bateau des garde-côtes italiennes les intercepte pour les déposer sur l’île où un service d’accueil va enfin, après avoir isolé les mineurs non accompagnés, leur donner de l’eau, de la nourriture et également quelques soins, en particulier pour le frère de Hadiyetou.
Le séjour sur l’île va durer près de 3 mois. Ils sont nourris, logés, soignés, et même dotés d’un petit pécule de 30€ chaque mois, mais sans aucune activité ni information sur ce qui les attend.
Une nuit, Hadiyetou et son frère décident de s’enfuir, trouvent un bateau pour rejoindre la côte italienne et, après quelques nuits dans la rue, avec leurs petites économies, arrivent à acheter 2 billets de train pour Paris. A la frontière française, ils n’ont pas d’autres documents à montrer aux douaniers que leur acte de naissance. A leur grand étonnement, les douaniers français se contentent de vérifier qu’ils ont au moins un billet de train et les laissent passer. Dans la nuit, ils entendent enfin : « Terminus, gare de Lyon, les voyageurs descendent de voiture », une phrase magique dont se souviendra longtemps Hadiyetou.
« C’est là que la vraie vie a commencé » écrira-t-il plus tard dans un court texte biographique. 

Après une nuit dans la rue, après s’être adressés à différentes personnes dans la gare, ils trouvent enfin un Malien qui partait au boulot et qui, sans doute habitué à cette situation , leur indique l’adresse du service d’accueil des jeunes mineurs non accompagnés. Ils sont alors dirigés vers un service éducatif qui, après un certain nombre de questions pour établir un premier dossier, leur donne des tickets-restaurant et l’adresse d’un hôtel à Belleville dans lequel ils vont enfin pouvoir se reposer. Leur avenir se limite dans un premier temps à passer leur journée devant la télé ou à satisfaire différentes visites médicales puisque leur ignorance du français et leur peur de ne pas retrouver l’adresse de leur hôtel les empêche de s’éloigner trop de leur refuge.
Au bout de quatre mois, les deux frères doivent se séparer quand Hadiyetou est confié à une famille d’accueil dans l’Essonne, chez Josiane et Jean Claude, dont les enfants ont déjà quitté la maison. Hadiyetou, dans cette petite ville, trouve enfin le calme qu’il recherche depuis son départ de Mauritanie.
Dès la rentrée scolaire de septembre, après un test de connaissances, Hadiyetou va commencer sa formation, dans un collège puis à l’unité pédagogique pour étrangers, enchainant apprentissage du français, stages … En 2017, il change de famille d’accueil, se retrouve à Vitry-sur-Seine, obtient un CAP de serrurerie métallerie mais ne trouve pas de place dans un lycée professionnel.

Ce n’est qu’à l’approche de sa majorité, en 2018, qu’il commence à se soucier de ses papiers et cherche à régulariser sa situation. Quelques jours avant son anniversaire de 18 ans, Hadiyetou dépose donc une demande de naturalisation et commence alors le long chemin des rapports compliqués avec l’administration, avec la justice, soutenu par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) et son éducatrice référente au sein du SAFP, le Service d’Accueil Familial Parisien.
C’est à cette époque que son chemin croise l’ADS et qu’il va pouvoir bénéficier d’un soutien en français et en maths alors qu’il prépare un bac pro de logistique. Il a trouvé depuis trois ans un contrat de travail en alternance à la SNCF, et rejoint enfin une école privée financée par la SNCF qui bénéficie d’une subvention de l’Etat pour préparer un diplôme de technicien supérieur en méthode d’exploitation dont l’examen de sortie aura lieu en juin 2023.

En cas de succès, ce dont il ne doute pas, il s’attaquera alors à une licence…Hadiyetou a aujourd’hui 21 ans, un logement, un CAP de serrurerie métallerie, un travail en alternance avec une formation de technicien supérieur en méthode d’exploitation logistique, l’espoir d’une future licence et, depuis peu de temps, la nationalité française.

Hadiyetou est « un enfant qui marche », titre d’une courte mais surprenante biographie qu’il a récemment écrite avec pour seule philosophie de ne jamais regarder en arrière, d’aller de l’avant pour trouver le bonheur.

Mai 2022

 

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Paroles de migrants, Miya

Miya

Est-ce vraiment le racisme que Miya découvre à l’âge de 9 ans quand, née à Madagascar, elle déménage avec ses parents sur l’île de la Réunion et se souvient très bien de cette petite phrase que lui lance une fille de sa classe: « Retourne chez toi » !

L’auteure de cette phrase n’a pas vraiment une couleur de peau différente de Miya. L’île, pratiquement inhabitée jusqu’au 17e siècle, est aujourd’hui le plus authentique Melting pot de la planète. On y croise des dizaines de couleurs de peau différentes, des colons européens installés là depuis des siècles aux anciens esclaves venus d’Afrique, en passant par les commerçants asiatiques, les chinois, les indiens, sans oublier les militaires et touristes de passage.…Raciste bien sûr, la phrase envoyée à Miya est l’exemple type du racisme de « ceux qui sont nés quelque part » et qui décident une fois pour toutes que, nés à tel endroit, ils possèdent cet endroit et, sur l’île de la Réunion, ce sont le plus souvent les Malgaches, Comoriens et Mahorais nés à quelques encablures, qui en subissent les conséquences. Par exemple les malgaches sont appelés là-bas : « malgachine », un mot à connotation négative.

Cette peur de la différence, peur des gens qui viendraient « manger notre pain » n’a rien à voir avec les théories racistes fumeuses du XIXe siècle, c’est un racisme de pauvres gens et peut-être le pire de tous car il se loge durablement dans la tête de ses victimes.

Préparant aujourd’hui à Paris le concours de la magistrature, Miya ne peut pas dire qu’elle a été réellement victime du racisme, mais lâche quand même cette phrase glaçante :

« Aujourd’hui encore, quand je suis en présence d’un blanc, d’une blanche, et avant même qu’une parole soit prononcée, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il ou elle m’est supérieure, avec une meilleure instruction ».

Avril 2022

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Programme Forum des Droits de l’Homme : 28 novembre-10 décembre 2022

Programme au 11/11/2022

Forum des Droits de l’Homme, début décembre 2022

Une préparation active du forum des droits

déclaration des droits de l'homme
Source : Nations Unies

Le Forum des Droits de l’Homme est un ensemble de manifestations organisé à l’occasion de l’anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, à Bourg la Reine et dans les communes voisines.
Quels sont ces droits, comment sont-ils déclinés légalement, et comment sont-ils appliqués dans les faits ?
Comment les faire respecter et lutter contre les discriminations ? Dans le monde et en France ?
Tels sont les thèmes qui seront abordés au forum.

Quelle organisation pour le forum ?

Le planning de l’ensemble des manifestations se précise.On peut distinguer 3 périodes en commençant par la dernière :

  • Le jour du 10 décembre, anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, avec en particulier les activités de « type forum » prévues dans la salle des Colonnes à Bourg la Reine.
  • La quinzaine qui précèdera ce jour, à partir du 29 novembre
  • La période actuelle de préparation.

Période de préparation et ateliers pour le Forum des Droits de l’Homme

Aujourd’hui, 7 groupes de travail représentant sept associations définissent et préparent les événements, l’organisation et la programmation d’ensemble.
Des ateliers ont d’ores et déjà été lancés. Ce sont d’une part des ateliers d’écriture sur les droits et d’autre part des constructions de saynètes, basées sur des témoignages, sur les difficultés d’accès aux droits et les discriminations.
Des contacts ont également été pris avec plusieurs établissements scolaire et des enseignants feront travailler leurs classes sur des sujets liés aux droits ou aux discriminations.
Les résultats de ces ateliers seront présentés au forum et les saynètes serviront essentiellement à introduire des conférences ou tables-rondes.

La quinzaine précédent le jour J

Pendant cette période, à compter du 29 novembre, 5 à 6 conférences sont prévues à Antony, Sceaux et Bourg la Reine : la conférence inaugurale de la quinzaine aura lieu a priori le 29/11 avec des personnalités de premier plan impliqués dans la défense des droits.
Pendant cette même période les cinémas des communes avoisinantes sont pressentis pour passer 6 ou 7 films.
Une pièce sur le droit au logement sera jouée également.
Enfin un spectacle est prévu le vendredi 9 avec des lectures, de la musique, de la danse, des saynètes.

Le jour J : retenez cette date, samedi 10 décembre.

Autour de la salle des Colonnes

Un chemin des droits, balisé quelques jours auparavant, reliera la gare aux Colonnes, en passant par différents points de Bourg la Reine où seront installés des stands ou des expositions.
Une marche ou une course des droits aura lieu dans la journée avec les Colonnes en point d’arrivée.

Village des droits et espace tables-rondes aux Colonnes

Une partie de la salle sera réservée à des tables-rondes et des projections vidéo.
L’autre partie contiendra les différentes maisons des droits.
L’ouverture est prévue à 10 heures.
Ensuite c’est un cadencement horaire qui est prévu, avec de petites animations introductives et 6 à 7 tables-rondes de 45mn.
Il est prévu également de terminer la journée par un petit spectacle.

Concert Anne Sylvestre , 11 mars 2022

A l’occasion de la Semaine internationale des droits des femmes …

Illustrations : Artiste Contemporaine | H3lllY
Illustration : https://www.h3llly.com/
Illustration : https://www.h3llly.com/

… chantons et écoutons le magnifique répertoire de Anne Sylvestre, cette grande dame de la chanson. Autrice, compositrice et poétesse, elle a toute sa vie fait résonner la cause des femmes. Elle a aussi promu au travers de ses fabulettes pour enfants une éducation non stéréotypée. A l’Agoreine, nous accueillerons des artistes qui interprèteront des chansons du répertoire pour notre plus grand plaisir : chorale, chanteurs en solo, duo, trio,  ..

Venez nombreux, entrée libre, ouverture des portes 20h, début du concert 20h30
Agoreine, 63 bis boulevard du Maréchal Joffre, Bourg-la-Reine,
A 2 mn du RER B Bourg-la-Reine.

 

 Chant’Reine, groupe vocal de Bourg-la-reine : trente choristes interprètent à 3 voix un répertoire axé majoritairement sur la variété française des chants harmonisés par Agnès Deutsch qui dirige cette chorale.  http://chantreine.blogspot.com/

Agnès Deutsch a débuté dans des troupes d’opérette puis vers 30 ans elle travaille pour des compagnies de théâtre de rue en tant que comédienne-chanteuse, coach et crée des spectacles. Elle revient également à son premier amour : le Jazz. Elle a dirigé de nombreuses formations, enseigné le chant, le déchiffrage chanté et coache régulièrement des professionnels du spectacle

Sacha, jeune réginaburgienne, est passionnée par le chant depuis qu’elle est  toute petite, et a toujours su qu’elle voulait  en faire son métier. Aujourd’hui elle fait ce qu’elle aime et réalise son rêve ! Instagram :  _sacha_brun_   Youtube : Sach’a

Crédit photo : Nelly Kim Chi

Nicolas Duclos : Avec son piano tantôt rêveur et tantôt déchaîné, il parle dans ses chansons de ceux qu’il rencontre et de ce qui l’étonne. En 2018, il conçoit avec Lise Martin un spectacle de chansons d’Anne Sylvestre « La vie en vrai ». Fin 2021, il rend hommage à Anne Sylvestre en écrivant Symphonie Alpestre composé par Nathalie Solence.   www.nicolasduclos.fr 

 

 

Jeanne Mauvais / Manuela Bley : Ancienne élève du conservatoire de Bourg-la-Reine, Jeanne Mauvais est aujourd’hui musicienne professionnelle, instrumentiste et chanteuse. Elle participe à de multiples projets musicaux très variés, du rock progressif à la chanson française. Manuela Bley est aussi musicienne professionnelle et chanteuse. Pour ce concert en duo, les harmonies vocales expriment les talents de Manuela dans son rapport à la voix, et ceux de Jeanne dans son approche poétique de la musique et de son texte.

Projection-débat « Choisir sa fin de vie » 14 octobre 2021

Un documentaire suivi d’une conférence

ADS a choisi d’aborder le thème de la fin de vie, un thème délicat qui nous touche tous. Cette soirée, organisée par Anne-Marie Lambert et Marianne Lederer, fait suite au café-débat du 10/10/2020 dont la conclusion avait été de poursuivre par une conférence ouverte au public, et d’aborder le thème à partir d’un film. Le choix s’est porté sur la projection du documentaire d’Anne Georget, « Quand un homme demande à mourir » (2011).

La salle Dolto a accueilli quarante personnes venues de Bourg-la-Reine et des environs pour cette soirée, un public de personnes se sentant concernées et des personnes des associations « Le Choix », « ADMD », ou « Ultime Liberté ».

La soirée a débuté par la projection du documentaire, suivie d’une conférence d’Emmanuelle Huisman-Perrin, professeur de philosophie. Le documentaire est avant tout un témoignage, témoignage d’un homme d’une cinquantaine d’années atteint d’un locked-in syndrome (syndrome d’enfermement dans un corps qui ne répond plus – tétraplégie et incapacité à parler, à communiquer sauf par mouvements oculaires codés – ou, dans ce cas-ci,  par le mouvement d’un seul doigt), témoignage d’une famille, sa femme, ses filles, son frère, sa belle-sœur qui l’accompagnent pendant son long combat et acceptent, par amour pour lui, son désir de mettre fin à sa vie. En savoir plus…

Café-Débat Logement social et mal logement, 4 octobre 2021

Logement social et mal logement (Partie 1)

Une bonne vingtaine de personnes a suivi le café-débat sur la situation du mal logement dans la Métropole du Grand Paris proposé le 4 octobre par Olivier Gueudré de l’ADS, et Pierre Maréchal, de l’Observatoire de la précarité et du Mal Logement. L’état des lieux a été présenté grâce à la projection de quelques 80 tableaux, chiffres et pourcentages comparatifs.  

Compte tenu de la complexité du sujet, cette présentation a réclamé beaucoup de pédagogie de la part d’Olivier Gueudré pour ne pas perdre son auditoire dans les multiples acteurs et sigles peu compréhensibles pour tout citoyen non averti. Le public, qui a posé un grand nombre de questions très précises, semblait compter heureusement plus de personnes déjà familières du sujet que de mal logés.

Pour les néophytes, cette présentation aura permis de comprendre que le problème du mal logement occupe et préoccupe de multiples services de l’Etat, des élus au niveau local et national, de nombreuses associations, des syndicats, des entreprises du bâtiment, des bailleurs … autant d’institutions qui se concertent dans des structures aux sigles barbares pour tenter de réduire la conséquence fatale de la précarité et de la pauvreté : la difficulté de se loger. On comprend également que face à la pénurie de logements sociaux, malheureusement, les plus pauvres ne sont pas les mieux servis, les bailleurs devant quand même rentrer dans leurs frais.

La situation des Hauts de Seine et de Bourg-la-Reine fut naturellement mise en avant, notre commune, bien que pas vraiment représentative de l’ensemble du problème du mal logement, offrant quand même l’exemple classique d’un système qui concerne toutes les communes. Un système, de l’aveu même des conférenciers, extrêmement compliqué, pesant et mouvant.

Que pouvait-on retenir de la situation à Bourg-la-Reine, commune privilégiée ?

  • Que le parc de logement social est vieillissant, la plupart des logements datant d’avant 1979.
  • Que la tradition des logements sociaux intégrés aux grands ensembles a vécu. Les nouvelles réalisations, mieux réparties dans le tissu urbain, ne correspondent pourtant pas assez à la demande, en particulier en ce qui concerne les petits logements pour célibataires, étudiants ou familles monoparentales, et surtout avec des faibles revenus.
  • Que Bourg-La-Reine ne remplit pas son obligation de respecter un taux légal de logements sociaux prévu par la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain). Ce qui pourrait entraîner un arrêté de carence de la part du préfet, ce qui ne se fait pas pour le moment, pour des raisons sans doute plus politiques que sociales. 
  • Que le processus d’attribution des logements sociaux est très compliqué, très long, au moins 3 ou 4 ans, dépendant de commissions multiples, de critères encore plus nombreux … dont le principal est quand même de présenter des garanties de solvabilité pour payer son loyer, et que donc les heureux bénéficiaires se recrutent en majorité parmi les plus « riches » des pauvres.

Quelques repères chiffrés et pourcentages concernant Bourg-La-Reine :

  • 330 : nombre de logements ne bénéficiant pas de système sanitaire.
  • 161 : nombre de logement surpeuplés.
  • 142 : nombre de logements du parc privé jugés « indignes ». 
    ( chiffres de 2013 )
  • 8% : taux de « pauvres » à selon les critères d’accès à une aide au logement.
  • 25,3% : taux de PIS (Profession Intellectuelle Supérieure),
  • 9221 : nombre de résidences principales
  • 4580 : propriétaires de leur logement
  • 4396 : locataires de leur logement
    ( chiffres de 2020 )
  • 1716 : nombre de logements sociaux (chiffre de 2020) : 12% datent d’avant 1946, 30% de 1965 à 1979, 8% de 1980 à1999, 18% depuis 2000.
  • 628 : nombre de logements sociaux qu’il faudrait construire pour atteindre le taux légal de 25% de logements sociaux sur la commune exigé par la loi SRU de 2013.
  • 766 : nombre de demandes d’un logement social déposées en 2018.
  • 40 : nombre d’attributions de logements sociaux la même année.
  • 40 : nombre de mois d’attente moyen pour obtenir une réponse favorable à une demande de logement.

Les données de détail se trouvent sur le site de l’Observatoire de la précarité et du mal logement.

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