Auteur/autrice : Gérard AIME

Exposition Carole Delarue, 18 mars – 1 juin 2026

Harmonies des mondes

Pour Carole Delarue, cette exposition est une première.

Personne ne pourra lui reprocher d’avoir trop traîné, le chemin était long, tout simplement.

Dans son souvenir, sa fréquentation des arts graphiques remontent à la maternelle. Son professeur poussait ses élèves à développer toute initiative de création ce qui lui avait permis d’approcher la poterie, l’émail, la peinture….

Adulte, elle approchera l’expression graphique par des chemins détournés, comme par respect. Elle passera tout d’abord un CAP d’encadrement, en fera son métier qu’elle pratiquera de longues années dans son petit atelier du XIVe arrondissement, rue Francis de Pressensé, non loin du cinéma l’Entrepôt.

Carole ne peignait pas elle-même, elle n’avait pas le temps, mais son atelier devint rapidement un lieu d’exposition pour de nombreux amis et peintres.

C’est donc en travaillant à la mise en valeur du travail d’autres artistes qu’elle fit enfin son entrée dans le monde artistique et ce n’est qu’en arrivant à l’âge de la retraite, il y a une douzaine d’années, que Carole trouva enfin le temps et l’envie de se mettre devant une toile.

Toujours respectueuse, presque sur la pointe des pieds, Carole commença par rendre hommage à ses maîtres familiers, Géricault, Delacroix, Chardin, Cézanne, Matisse, en réalisant parfois non pas de simples copies de certaines de leurs œuvres, mais une nouvelle lecture, une nouvelle interprétation de leur travail pour présenter à sa façon paysages ou animaux.

Peu à peu, travaillant la peinture à l’huile, Carole Delarue va se créer son propre environnement.

Sans s’inspirer d’aucun modèle, une scène poussant l’autre, un tableau entraînant le suivant, elle va créer cette harmonie des mondes, des mondes qui se chevauchent, acrobates et funambules se moquant de l’équilibre à côté d’une cathédrale, elle-même voisine d’un moulin alors, qu’en fond, un nouveau globe terrestre semble apparaître à l’horizon.

Inutile de chercher la raison de ce décor, inutile de parler d’un style qui se cherche encore, il suffit de se laisser entraîner dans ce nouveau monde, un monde de liberté.

 

Exposition Oh! Abstrait, Bagn’arts, 16 décembre 2025-13 mars 2026

Une visite des Bagn’artistes

Le 10 janvier 2026, petite bousculade au Crédit mutuel pour le vernissage de l’exposition « Oh ! Abstrait » proposée jusqu’au 13 mars par l’association « Bagn’Arts » réunissant une quinzaine de peintres de Bagneux. Presque tous et toutes les artistes de l’association, accompagnés de nombreux amis, avaient répondu présent et ont posé pour la photo souvenir, le directeur de l’agence ne pouvant commencer son discours autrement que par la phrase

« Voilà une exposition qui plaît à mes clients ! »

Et bien sûr, le nom de Bagn’Arts les a rendu immédiatement sympathiques …

Mais qui sont-ils ?

La ville de Bagneux a toujours été accueillante pour les artistes, qu’ils soient professionnels ou amateurs.

Il y a longtemps, plusieurs artistes balnéolais, avec le soutien de la mairie, s’étaient déjà regroupés pour partager un espace de travail. Pendant une dizaine d’années, ces artistes ont été accueillis dans l’ancienne école Langevin, désaffectée depuis longtemps, ou encore à la Maison des Arts. Ces locaux ont finalement été récupérés par la mairie pour de nouvelles affectations mais, après une année difficile, et grâce au soutien de l’ancienne députée maire de Bagneux,  Janine Jambu, un groupe de peintres, s’étant liés d’amitié de l’époque « Langevin »,  bientôt  rejoints par quelques sculpteurs, se sont réunis pour créer l’association « Bagn’Arts » et purent enfin poser toiles, pinceaux, couteaux, ciseaux à pierre ou gouges à la « galerie sud », local ayant déjà été consacré à la promotion de la peinture par le passé.

La mairie de Bagneux, qui dispose du lieu, le met gracieusement à disposition de l’association.

L’association compte aujourd’hui une quinzaine de membres qui peuvent disposer sur place de diverses facilités, tables, chaises, chevalets, peinture, papier…et surtout bénéficier d’un échange enrichissant entre artistes. Chacun d’eux possède une clef de l’atelier et peut ainsi y accéder à tout moment. Une large vitrine sur rue permet d’y exposer le travail des artistes de manière renouvelée. Également, plusieurs fois dans l’année, l’équipe organise des expositions-ventes ouvertes au public.

Bagn’Arts est un atelier partagé, espace de travail et d’exposition, mais c’est avant tout un collectif.

Chaque adhérent s’engage à participer à la vie du groupe et à faire vivre ce collectif en participant aux évènements : proposer des œuvres, des idées, installer, communiquer, accueillir, etc.  Chaque artiste y contribue tout en s’épanouissant librement dans sa singularité. Les membres de l’association ont à cœur de poursuivre et d’amplifier leur ouverture sur l’extérieur, la création de synergies avec les habitants, les commerçants et les autres associations culturelles de la ville. Quotidiennement, près d’une demi-douzaine d’artistes se retrouvent donc là pour peindre, simplement partager et accueillir avec plaisir les visiteurs de passage ou de nouveaux artistes souhaitant les rejoindre.

Pour devenir adhérent, et avant de pouvoir s’installer face à sa toile, il est nécessaire de remplir certains critères : habiter de préférence à Bagneux ou dans une commune proche et témoigner d’un niveau technique minimum et d’un travail antérieur un peu conséquent. Après avis de l’ensemble des membres de l’association, le conseil d’administration invitera le postulant, la postulante, à effectuer un essai de plusieurs séances de travail sur place, afin de vérifier une bonne adéquation réciproque avant de valider l’inscription définitive.

Les Bagn’Artistes participent activement aux évènements culturels de la ville, que ce soit les journées « ateliers portes ouvertes » de Bagneux ou, chaque année, une exposition à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars. L’association n’hésite pas, par ailleurs, à accepter les invitations « extérieures » et, à la demande d’ADS, présente depuis le 16 décembre 2025, sur les murs du Crédit Mutuel de Bourg-la-Reine, une quarantaine d’œuvres, consacrées à l’art abstrait.

Ce courant artistique est le thème du deuxième numéro de la publication de l’association, « OH ! » sous-titrée : « aire de jeu artistique et collective ».  Cette revue entièrement repensée et actuellement numérique, devrait être périodique et éditée sur support papier et disponible à la vente.

Soirée bénévoles ADS, 9 décembre 2025

2025, une année riche et diversifiée

Le mardi 9 décembre c’était la troisième édition de soirée des bénévoles, et elle est toujours autant appréciée. Evidemment, elle a démarré par la présentation des activités, pour donner à chacun une vision globale et transverse.

Une trentaine de bénévoles de l’association, anciens et nouveaux, se sont réunis pour partager quelques pâtisseries, et bien sûr également partager les expériences de leurs missions de bénévolat au cours de l’année écoulée.

Les bénévoles « récents » à l’œuvre depuis seulement quelques semaines ou mois, ont pu rassurer ceux qui ne s’étaient pas encore lancé dans l’aventure. Par leur enthousiasme, leur modestie, ils les ont convaincu qu’à leur tour, ils pouvaient essayer et y prendre très certainement plaisir. Certains ont manifesté leur intérêt pour de nouvelles missions, et sont repartis la besace pleine : soutien en anglais, FLE, appui à la préparation d’un spectacle par les enfants du CSCB … les besoins ne manquent pas !

Parallèlement aux activités en faveur de l’égalité Femmes/Hommes, les missions d’aides ou de soutiens divers pour tendre à une plus grande égalité de chances, en direction d’un public socialement défavorisé, se sont considérablement multipliées et structurées depuis quelques années.

Aujourd’hui, grâce à la générosité de plus de cinquante bénévoles actifs, ADS compte cinq groupes thématiques de bénévoles, groupes répondants à de savantes appellations :

  • Eureka, pour le soutien scolaire, groupe animé par Michel Pays.
  • Molière pour l’apprentissage et le perfectionnement de la pratique de la langue française, groupe animé par Nathalie Duruflé.
  • Aïda pour l’aide aux démarches, administratives ou sociales, groupe animé par Valérie Dagneau.
  • Ariane pour l’accompagnement vers l’emploi, groupe animé par Patricia Elsen.

et enfin le petit dernier :

  • Fabrik, pour répondre aux demandes les plus diverses, un groupe animé par Wei Ying Thang.

Chaque animateur a pris successivement la parole pour présenter rapidement l’activité de son groupe en 2025.

Pour Eurêka, les dix-sept bénévoles du groupe ont aidé trente personnes, principalement en français, math, physique, chimie, ou économie répondant souvent à des difficultés spécifiques pour des travaux précis pour des bénéficiaires allant du CP au études supérieures.

Chez Molière, Une vingtaine de bénévoles ont répondu aux besoins de quelque quarante bénéficiaires, de quatre ans à plus d’âge, individuellement ou en petits collectifs. Pour répondre au besoin de formation exprimé à la dernière soirée en juin, Nathalie a organisé deux sessions de formation auxquels ont participé douze bénévoles. Les « Mooks », cours à distance sur internet, ont également été beaucoup suivis. Nathalie a insisté sur le fait que, quelque soit la nature du soutien, des relations de confiance totale entre le bénévole et la personne aidée sont indispensables au succès d’une mission.

Pour Aïda, les bénévoles du groupe ont répondu aux demandes d’un trentaine de personnes, demandant de l’aide pour leurs démarches. Des demandes très variées allant de la rédaction d’un courrier, la résiliation d’un abonnement à la préparation de dossiers plus complexes pour les étrangers : demandes de cartes de séjour, de naturalisation, etc.

Les bénévoles d’Ariane, plus ou moins quinze bénévoles actifs, ont pu aider quelque vint cinq demandeurs d’emploi, soit pour rédiger un CV en s’efforçant de mettre en relief les capacités particulières du demandeur, rédiger des lettres de motivation, aider à la recherche d’emploi et préparer un premier entretien. Des ateliers sur le comportement au travail et sur la prise de parole en public ont également été organisés. En fin d’année, Ariane pouvait se féliciter d’avoir permis à dix demandeurs de trouver ou retrouver un emploi.

A la Fabrik, on fabrique de tout dit Wei-Ying Thang qui anime le groupe, des objets, des spectacles, des décors, du bien-être ! Les ateliers sont ponctuels, durent le temps du projet qui est à l’initiative d’ADS pour une structure, ou en réponse à une demande. Cette année, le groupe a animé deux ateliers de conception d’origamis et d’expériences scientifiques, destinés à ouvrir la curiosité des enfants pour la Science à Auxilia et Cités-Caritas. Il y a eu aussi des séances de Shiatsu offertes aux femmes de Cités-Caritas dans le cadre de Octobre Rose et de la journée des droits des femmes. Et en cette fin d’année, c’est la préparation d’un spectacle de théâtre et chant au CSCB qui occupe le groupe.

On pouvait voir un tableau apposé sur un mur de la pièce : Sous le titre « suggestions », les participants devaient noter leurs souhaits pour l’année à venir. En dehors de la disposition d’un local propre aux bénévoles pour recevoir les demandeurs, souhait récurrent mais qui ne s’exprime plus que par oral, une seule suggestion apparaissait sur ce tableau : le souhait qu’un contact soit pris pour un partenariat avec la Cimade.

Sans plus de souhaits ou de réclamations, il faut croire que les bénévoles sont assez satisfaits de leur implication dans les activités d’ADS et nous ne pouvons donc pas douter que l’élan donné en faveur de l’égalité des chances sera poursuivi et renforcé en 2026.

Témoignage Célia, 1001 façons de faire famille, Novembre 2025

Dans le prolongement de notre événement « 1001 façons de faire famille », retrouvez ce témoignage de Célia interviewée par Gérard Aimé :

L’histoire devait être écrite depuis longtemps, avant même ma naissance, il y a 19 ans.

Mon père et ma mère biologiques, Mauriciens, s’aimaient d’un amour passionnel mais, comme pour Roméo et Juliette, il fallait que les deux familles rejettent leurs amours, les privant ainsi du bonheur de s’occuper d’un enfant, ma mère biologique étant enceinte d’une fille, Moi.

Heureusement….

De l’autre côté des océans, ma future marraine, cousine mauricienne de ma mère adoptive, proche des deux familles et d’une association d’aide aux mères en détresse, considéra comme un devoir de réparer cette injustice. Car mon père et ma mère adoptifs ne pouvant pas avoir d’enfants se sont tournés vers elle. C’est ainsi que la jeune maman mauricienne accepta de donner naissance à cet enfant pour le confier immédiatement, en le reconnaissant, à mes futurs parents français et enclencher sur place la procédure d’adoption.

Ainsi, dès ma naissance, mes parents « adoptifs », se sont vus confier une jolie petite fille, et devinrent, sur papier, au terme de la procédure (enquête sociale et jugement), officiellement, mes parents. En savoir plus…

Témoignage Asta, 1001 façons de faire famille, Novembre 2025

Dans le prolongement de l’évènement 1001 façons de faire famille, découvrez le témoignage d’Asta interviewée par Gérard Aimé :

Une famille  éparpillée toujours en contact

 Aujourd’hui, Asta élève seule sa petite fille de 3 ans, Tapa, née à l’hôpital Béclère de Clamart. Auparavant, sa vie familiale fut souvent plus partagée.

Son premier fils, né en République Centrafricaine, avait aussi 3 ans lorsque son père est parti chercher fortune aux Etats-Unis. Asta, restée seule, s’était alors installée chez sa tante, la sœur de son père, puis s’était lié à un nouveau compagnon qui lui donna 3 filles.

Quelques années plus tard, après le décès du père de ses trois filles, le premier compagnon d’Asta, revenant des Etats-Unis, se réconcilia avec elle et « accepta » les trois filles de sa compagne. Ces trois filles, avaient été élevées par Asta, chez ses parents avec les enfants de ses autres sœurs. Au décès  d’une de ses sœurs, Asta devint d’une certaine façon la « mère » d une de ses nièces.

« Je l’ai élevée comme ma fille, ce qu’avait souhaité ma sœur. Quand sa fille est née, alors que je n’avais pas encore d’enfant, elle m’a dit « cette fille est pour toi, je te la donne ».

Ma soeur a élevé  sa fille jusqu’à son décès. Là, très naturellement, toute la famille m’a dit de garder la fille âgée alors de 7 ans comme l’avait souhaité ma sœur. Aujourd’hui elle est exactement comme ma fille. D ailleurs,  moi-même j’ai été élevée par ma tante, car ma maman, que je retrouvais aux vacances, m’avait confiée à sa sœur.  J’ai en quelque sorte eu deux mamans»

« Ma famille est un peu éparpillée, reconnait alors Asta en souriant, au Sénégal, au Niger, au Mali, au Cameroun, au Burkina Faso… mais grâce à WhatsApp, à la vidéo, on reste en contact ».

« Puis elle ajoute : si un étranger frappe à votre porte, si vous l’accueillez, si vous lui donnez un verre d’eau fraiche, c’est une nouvelle famille qui commence ». Et elle conclut : « En France, ma nouvelle famille, c’est ADS. J’étais seule, un peu perdue et, au fil des mois, ils m’ont tout procuré. J’ai eu mon diplôme, puis un travail, le sésame pour l’obtention d’un logement.

Exposition Jean Jacques Grand, Octobre – Décembre 2025

Squelettes en folie

Jean-Jacques Grand, calligraphe, peintre, fidèle collaborateur des activités d’ADS, nous invite à découvrir un monde surprenant, inattendu, celui des activités secrètes de nos squelettes lorsqu’ils se sont débarrassés de nous. Ce n’est pas triste…. plutôt rock and roll, en tout cas surprenant !

Venez découvrir ces « squelettes en folie », sur les murs du Crédit Mutuel, du 10 octobre au 13 décembre.

Vernissage, samedi 11 octobre, à partir de 11h.

Entretien entre J.J.Grand et G.Aimé

D’où est venue cette idée de faire danser les squelettes ?

Le squelette est notre monde intérieur, celui que nous ne verrons jamais mais qui nous soutiendra toute notre vie et partira le dernier.
J’ai dessiné comme on joue aux osselets, j’ai jeté l’encre en l’air, et l’ai laissé retomber sur le papier vierge.
Les premiers squelettes sont nés en quelques secondes, presque incontrôlés, issus d’un geste précédant la pensée. Il est temps que la peau se fasse la malle, temps de faire tomber les masques.

Vous n’avez pas eu peur de choquer quelques lecteurs avec ce thème ?

Si c’est le cas, je m’en réjouis, ça les tire du ronron de leurs hypnotiques portables.

Tous ces squelettes font la fête, qu’est-ce qu’ils disent ?

« Buvons à la santé des vivants, hommes et femmes confondus, car ils vont bientôt enterrer leurs ridicules attributs sexuels et rejoindre notre communauté réellement égalitaire. »

En conclusion, vous semblez attendre avec impatience le moment de vous débarrasser de votre « pesant manteau de peau » Est-ce vraiment le cas ?

Comme le papillon, le squelette se débarrasse de sa chrysalide de chair pour enfin déployer ses os.

Exposition Peinture Selvi Gouhier, 12 juin-10 septembre, prolongée au 8 octobre 2025

La nature, tout simplement

 Ne parlez pas à Selvi de son « travail, » de son « œuvre » ou d’une quelconque influence d’une « école picturale », ces mots un peu sévères ne correspondent en rien à sa peinture, répondant simplement au plaisir d’exprimer et de transmettre une émotion née le plus souvent d’une observation attentive de la nature.

Selvi est née à Auroville, communauté internationale au sud de l’Inde sous l’égide de l’UNESCO, une ville créée en 1968 par la volonté d’une française, Mirra Alfassa, à quelques kilomètres de Pondichéry, ancien comptoir français depuis le XVIIe siècle. Cette ville se voulait porteuse de tous les rêves de l’époque, devenir un lieu de spiritualité, de paix, d’harmonie, de partage, et de liberté d’expression, ouvert à tous avec le moins de contraintes possibles et surtout l’envie de vivre ensemble.
Paix et harmonie sont à l’évidence les mots qui s’imposent pour définir les peintures présentées par Selvi : exprimer l’émotion née de la contemplation d’une nature encore intacte. Il s’agit, pour Selvi, d’approcher le mystère de la lumière, de la quiétude d’un sous-bois ou les fulgurances d’un soleil levant. Pour nourrir cette passion, le hasard a tenu son rôle : dans son enfance, à Auroville, Selvi a pu profiter des conseils de son voisin, professeur de dessin et de peinture, originaire du Sri Lanka, un voisin qui va l’initier au dessin, à l’usage de la couleur et, constatant ses dons naturels, va l’encourager, à 14 ans, à présenter une de ses peintures à un concours où elle reçut le premier prix. En savoir plus…

ADS info 25, Mai 2025

Nos actualités Janvier – Avril 2025

ADS info N°25

 

 

Exposition Balade en aquarelle et papier collé, 11 mars – 5 juin 2025

Œuvres mêlées de Katia et Maud

Une rencontre est rarement le fruit du hasard.
Maud de Carbon et Katia Jacquin, qui présentent ensemble une exposition de leurs œuvres au Crédit Mutuel de Bourg-la-Reine, du 11 mars au 5 juin 2025*, peuvent en témoigner.

L’une et l’autre, aux parcours assez différents, se sont pourtant tout naturellement « rencontrées » lors d’un stage de sculpture de modèle vivant, en Normandie. Une première exposition commune de leurs peintures et sculptures à Venterol dans la Drôme, dans l’odeur de la lavande et le chant des cigales, suit rapidement ce stage.

Leurs points communs ? Dès l’enfance, l’une comme l’autre ont ressenti cette pulsion commune à tous les artistes, ce don d’un regard particulier sur leur entourage, cette envie irrépressible de créer, reproduire et partager des émotions sensibles.

Si Maud a suivi dès l’adolescence diverses formations artistiques de dessin et de modelage, ses obligations professionnelles ne lui permettant pas d’exposer son travail, ce n’est que lors de l’exposition des Artistes Scéens du « Salon d’Automne 2013 », qu’elle présente pour la première fois une œuvre de technique mixte pastel-encre de chine, un travail couronné par le prix du Crédit Mutuel à l’issue du salon.

Katia, de son côté, autodidacte, a fréquenté divers ateliers d’arts plastiques, laissant une grande place à l’expression de sa créativité. Par la suite, elle a souhaité allier sa profession axée sur les relations humaines et la dimension créative singulière de la personne en choisissant une formation et une profession artistiques : art-thérapeute et artiste plasticienne. Elle réalise en 2005 sa première exposition de peinture à la maison des artistes d’Ivry.

Katia farfouille et Maud Patouille !

Bien qu’ayant des préférences d’expressions différentes, peinture et sculpture pour Maud, peinture, techniques mixtes et papier collé pour Katia, elles se sont très vite rendu compte, en réalisant des expositions ensemble, qu’il ne s’agissait pas seulement de la juxtaposition d’œuvres de deux amies. Entremêlés, les deux univers de leurs variations colorées reflétaient deux sensibilités invitant le visiteur à pénétrer une sorte de troisième univers né de cette rencontre.

Animées d’une passion commune, portées par la même fantaisie, la même exigence de liberté de création, Katia et Maud ont trouvé les mots pour exprimer leur recherche : Katia farfouille et Maud Patouille ! si joli clin d’œil à l’enfance !

*Vernissage au Crédit Mutuel le samedi 29 mars 2025 à II h.

Katia et Maud : une rencontre

Katia

Ma rencontre avec Maud s’inscrit dans un partage d’émotions du sensible en passant par l’humour, la fantaisie et le jeu. La frontière du temps qui passe n’existe plus lorsque nous explorons des chemins créatifs aussi éloignés soient-ils. Et pourtant une forme d’évasion mutuelle nous réunit et nous invite à nous balader, hors des conventions, tant dans le faire que dans l’imaginaire… 
Si Maud dit à sa manière à travers ses œuvres, avec cette énergie vivifiante qui la caractérise, c’est dans la lignée de cette fantaisie et rencontre improbable que mon inspiration s’amuse et vagabonde.

Maud

Expliquer l’inexplicable d’une rencontre est bien difficile et toujours incomplet, alors empruntons à Montaigne sa célèbre citation en réponse à un tel questionnement sur son amitié avec la Boétie « parce que c’était lui, parce que c’était moi ».
Alors voilà : parce que c’était nous, Katia et Maud
– dans nos cheminements créatifs disant nos approches sensibles du monde et notre envie de l’offrir en partage, 
– dans cette évidence que la juxtaposition de nos œuvres, à peine couchées déjà dépassées, créaient une sorte d’éphémère poésie empreinte de mystère,
Parce que notre élan créatif s’enrichit et se nourrit du terreau subtil de nos deux tempéraments et qu’ensemble des sentiers inconnus nous restent à explorer.

 

Témoignage d’une bénévole, Catherine Enault, Décembre 2024

Comment devient-on bénévole auprès d’ADS ?

Vous avez un peu de temps à partager, vous êtes bien sûr concerné par la vie sociale, vous ressentez peut-être une envie de vous sentir utile et, par hasard, vous croisez la route de Wei Ying Thang, l’éminente cheville ouvrière d’ADS. Il y a fort à parier que, quelques semaines plus tard, vous aurez trouvé une nouvelle raison de vous lever le matin.

C’est en s’époumonant dans la même chorale que Wei-Ying et Catherine Enault se sont rencontrées. Catherine, jeune retraitée après une carrière d’infirmière en psychiatrie, était soucieuse de rester active en s’occupant des autres, avec des activités sportives et même une petite expérience d’alphabétisation à Arcueil, trop vite interrompue par la covid.

Cette rencontre avec Wei-Ying semblait donc prédestinée et il ne fallut pas longtemps pour qu’une réunion, en avril 2023, soit organisée avec Christine, responsable du groupe Molière d’ADS, chargé en particulier de l’insertion par la pratique du français, écrit ou oral, pour les jeunes dont ce n’est pas la langue maternelle.

Dès le mois de juillet, Catherine avait rendez-vous avec une éducatrice de l’association Esperem et se retrouvait bientôt face à deux jeunes d’environ 16 ans pour le premier de ses deux cours d’alphabétisation hebdomadaires d’une heure et demi. Cette première mission se termina au bout d’un mois et demi, les deux « élèves » partant en formation.

Les cours ne reprendront qu’en avril 2024, cette fois-ci pour un groupe de six adolescents. N’ayant aucune directive particulière, Catherine prend l’initiative de demander aux jeunes ce qu’ils désirent. Le groupe, plutôt dynamique, s’entend rapidement pour demander une aide à l’écrit en français, seul l’un d’entre eux souhaitant une aide en calcul. Pas de problème, le cours collectif, en dehors de dictées et autres exercices d’écriture, va donc intégrer quelques exercices de calcul. Ces jeunes, qui maitrisent assez bien le français, préparent pour la plupart un CAP ou sont en recherche d’un premier emploi. Ils s’essayent donc avec sérieux à la maîtrise de l’écriture et les échanges avec Catherine se passent plutôt bien.

Le principal problème, pour Catherine, réside dans la difficulté de préparer ses interventions, ne sachant pas toujours à l’avance à combien d’élèves elle va s’adresser.  Ces jeunes, tous volontaires, n’ont aucune véritable obligation de suivre ces cours. Viennent ceux qui peuvent, ceux qui veulent, et si ces absences sont toujours justifiées par une autre occupation, les imprévus ne sont pas rares. Seule l’équipe d’Esperem prend parfois le temps de passer un coup de fil pour secouer les absents.

En novembre 2024, la nouvelle « rentrée » n’intéresse plus que 3 « élèves » et les cours « collectifs » se transforment finalement en 2 cours individuels à la demande des responsables d’Esperem, un des trois élèves, ayant réussi son CAP, ne se consacrant plus qu’à la recherche d’un emploi. Ce passage en cours individuels avait de toute façon la préférence de Catherine.

Entre temps, en décembre 2023, ADS avait confié à Catherine une autre mission auprès du REP (Relais enfants/parents). Là, il s’agissait de donner des cours d’alphabétisation à deux jeunes femmes seules, souffrant d’une maladie chronique et soignées en France. Le fait que l’une d’elles ne savait ni lire, ni écrire, ne facilitait pas vraiment le cours « collectif » de deux personnes, mais les bénévoles savent toujours faire face.

« La principale qualité à laquelle doit s’astreindre un ou une bénévole, reconnait Catherine, c’est de savoir continuellement s’adapter à de nouvelles situations imprévues, Il faut toujours faire avec … Faire parfois avec le manque de motivation des jeunes que l’on doit aider, souvent avec leur manque d’assiduité. Faire avec l’impossibilité de préparer sérieusement des « cours » quand on ignore le nombre « d’élèves » que nous allons trouver. Faire avec des jeunes qui semblent ne donner aucune suite à nos demandes. Faire avec une communication parfois difficile avec le personnel de certaines structures aidées, au fait que les questions posées peuvent être laissées lettre morte ».

Au sein même d’ADS, Catherine souhaiterait que des réunions régulières avec les autres bénévoles du groupe Molière, ou même des autres groupes, soient instituées, au moins pour échanger quelques expériences, mais la diversité des calendriers de chacun rend la chose difficile.  Les échanges ne se font qu’à l’occasion, individuellement. Elle a pu connaître les bénévoles intervenant sur le même site début novembre, le jour de la répartition des missions de chacun, le point de départ à de futurs échanges peut-être.

Malgré ces « petits » problèmes, le besoin de se sentir utile, pour Catherine, reste intact, tout comme la stimulation intellectuelle née des réussites comme des échecs. Reste enfin, essentielle, la reconnaissance et les remerciements que lui adressent les jeunes et les éducateurs des structures aidées.